Busta Flex X Hamad Meilleure soirée

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Description

Le prodige du 9.3 célèbre le 20ème anniversaire de son premier album “Busta Flex” avec une édition Deluxe 2CD.

Inclus “J’fais mon job à plein temps”,”le zedou”,”Kick avec mes Nike” , “Pourquoi”….+ 2 titres inédits, remixes, raretés, faces B…

( Avec les featurings de Suprême NTM ,Zoxea, Lord Kossity, Oxmo Puccino, Akhenaton, …) sortie le 6 avril 2018

BUSTA FLEX : “J’ai eu une petite
période où j’ai un peu pété les plombs”

Cela fait au moins une dizaines d’années qu’on ne t’a pas vu, qu’est ce tu as fait depuis
toutes ces années ?
J’ai fait plein de choses en fait, mais si tu veux, j’étais moins exposé que quand j’étais en
maison de disque, donc après, une fois que j’étais indépendant on m’a moins vu, mais
j’étais très actif. La date du dernier truc que j’ai sorti en solo était en 2014. J’ai sorti un
maxi vinyle, un quatre titres, où j’avais invité IV My People aussi dessus, voilà c’est le seul
projet que j’ai sorti, solo, on va dire.

Pour la jeune génération, qui ne te connaît peut-être pas, comment tu te décrirais ?
Alors, je me décrirais comme un fan de hip-hop, comme eux, si ils en écoutent déjà. Donc
un fan de hip-hop, qui a évolué, on va dire, avec son temps et puis, comment je pourrais
expliquer ça ? Je connais le rap avant qu’eux le connaissent quelque part. Voilà, c’est la
seule différence que je peux dire et si ils ont envie de faire une mise à jour, ils verront que
le rap a évolué jusqu’à aujourd’hui et que le rap qu’ils écoutent aujourd’hui il y avait
d’autres styles avant

Justement, cette génération, on va citer JUL, PNL, Maître Gims, Naza, entre autres, toi,
ton œil sur cette nouvelle génération ? *quel regard portes-tu sur cette nouvelle
génération ?
Alors, j’apprécie, c’est à dire que sur les artistes que tu as cités, j’en écoute deux sur quatre.
J’ai écouté Naza et Maître Gims, après PNL et JUL moins, mais je les connais, en tant
qu’artistes. Mais Naza j’ai beaucoup écouté son album, j’ai bien apprécié, surtout La
débauche j’ai beaucoup aimé, Sac à dos, Caleçon, elle est grave, j’aime beaucoup. Maître
Gims, je l’ai découvert dans Sexion d’assaut, comme tout le monde et j’avais déjà vu son
potentiel, donc quand il est en solo et qu’il déchire tout tant mieux parce que c’est un vrai
artiste hip-hop.

Et par rapport à ta génération, ça rappe mieux, ou ça rappe moins bien ?
Ah, c’est différent, c’est pas les même rythmes, et comme c’est pas les mêmes rythmes,
c’est pas les mêmes placements. Les beats classiques tournaient en 88 jusqu’à 110 Bpm.
Aujourd’hui, ça va de 60 jusqu’à 140 Bpm, c’est différent. Quand la trunk et dirty south
sont arrivées, on a vu que les rythmes n’étaient pas les mêmes. Et comme les rythmes ne
sont pas les mêmes, je pense qu’un rappeur qui ne sait rapper que sur les rythmes
d’aujourd’hui ( trap), il va avoir du mal à rapper sur des trucs plus classiques, et un mec
classique qui n’a pas fait une mise à jour sur les nouveaux sons contemporains, il va avoir
du mal aussi. Moi j’ai réussi à travailler ça.

“le plus gros artistes que j’ai lancé, je me suis mis en retrait d’ailleurs pour lui,
c’était Hornet La Frappe”

Et avec quel artiste, actuel tu te verrais bien faire un featuring ?
Il y en a pas mal, franchement, j’aime bien Alonzo, Niro, Fianso, Niska, Ninho, c’est des
artistes avec qui je pourrais rapper.

Est-ce-que tu penses que les années 90 ont été le véritable âge d’or du rap ?
Bien sûr, ça ne peut pas être avant, ça ne peut pas être après, logiquement. Au niveau des
dates, au niveau de la qualité des morceaux qui sont restés dans le temps, ils partent tous
des années 90

Justement, dans les années 90, il y avait beaucoup de rappeurs comme Ministère
A.M.E.R, NTM,… qui reviennent maintenant sur le devant de la scène.
Comment tu expliques ce phénomène ce retour de ces grands artistes ? 
Déjà, il y a des cycles, ça veut dire que ça tourne, et puis, il y a une demande et le plus
important c’est qu’ils sont toujours actifs et c’est normal de faire son travail, de faire des
représentations.

Est-ce-qu’il n’y aurait pas un petit côté pécuniaire là-dedans ?
Non parce que si tu n’en es pas capable, tu ne les fais pas, tu ne remplis pas 3 Bercy
d’affilés, pour NTM, si tu le fais pour les sous.Ce que je veux dire par là, c’est que en étant de grands artistes, juste avec le nom,forcément il y a une nostalgie, qui suffit à remplir des salles
Oui nostalgie, mais ça n’est pas financier, parce que ce genre d’artistes n’a pas besoin de
sortir des disques pour vivre. Donc quelque part c’est vraiment parce qu’il y a une nostalgie
et parce que les gens le veulent. Et puis parfois il y a des anniversaires, comme moi en
l’occurrence, pour les 20 ans de mon premier album, IAM, ils sont venus aussi pour les 20
ans de L’Ecole du Micro d’Argent et NTM pour les 30 ans de carrière, donc si tu veux, tout
se recoupe.

On dit souvent, qu’au-delà de trente ans, on devient un vieux rappeur. Est-ce-que tu penses qu’en France, le public a vraiment un problème avec l’âge ?
Oui, bien sûr, mais ce n’est pas qu’en France, ou le public, c’est normal quelque part. Il faut
être honnête, la musique que l’on fait est jeune et s’adresse à des jeunes. Quand je rappais
mon premier album, j’avais 20 ans, je pense que les mecs qui m’écoutaient avaient peut-
être entre 14-15 ans et peut-être 25-30 maximum. Donc je pense que c’est normal, ce que
je veux dire, c’est que quand NTM ou IAM rappe, je pense pas qu’ils s’adressent à des
jeunes, ils s’adressent d’abord à ceux qui ont leur âge qui ont évolués, qui ont grandis parce
que si tu néglige ces gens là, ça veut dire que toi-même tu ne sais pas à qui tu t’adresses, tu
vas toujours t’adresser à des jeunes ou un public qui n’est pas forcément le tien ou de ta
génération et toi tu n’es plus cohérent.

“j’ai toujours voulu faire ma musique”

Et est-ce-que Busta Flex a eu une empreinte ?
A mort, à mort ! Si tu savais le nombre de rappeurs connus et moins connus qui m’ont dit
que c’est moi qui leur avaient donné envie de rapper.

Ça te fait quoi ?
Super plaisir parce que je n’avais pas cette prétention là au départ, donc de savoir que des
mecs qui ont du succès grâce à moi, enfin, je leur ai appris à peaufiner leur art, ou juste
leur donner envie de faire, c’est gagné.

Et justement, toi, qui t’a donné envie de faire de métier ?
En voyant et écoutant Public Ennemy et en écoutant après les premiers raps français que
j’ai pu entendre grâce à mon frère, c’était les Litlle MC, c’était sur radio Nova à l’époque
avec Dee nasty, Lionel D, donc j’écoutais NTM et Assassin comme ça. Donc je suis tombé
amoureux du rap français, parce que quand j’ai découvert qu’on pouvait rapper en français,
c’est là que je dis que je voulais en faire, mais à la base j’étais surtout un fan de rap
américain. Pour moi, la barrière de la langue faisait que ça n’était pas accessible pour moi,
si je voulais chanter, il fallait que je chante en anglais.

Justement tu t’en est beaucoup inspiré (rap Us) à tes débuts, et est ce qu’aujourd’hui le rap français a quelque chose à envier au rap américain ?
Alors je vais dire oui, enfin je dirais pas « envier », en fait c’est un point de vue.
« Envier », qu’est-ce que tu pourrais envier ? Tu pourrais envier, peut-être, leur
entertainement, parce que quelque part c’est ce que l’on voit, on sait pas ce qu’il y a
derrière. Donc l’état d’esprit de fête, on s’éclate, ouais on pourrait envier ça, parce que la
manière dont ils nous le montre, ça brille, enfin moi j’aime ça, ça ça me fait kiffer.
Après, au niveau des productions, c’est pas la même culture donc si nous on allait s’inspirer
de notre culture française pour faire des musiques, comme eux il prennent l’exemple de la
soul qui est de chez eux, ouais on pourrait dire on a rien à envier. Mais en vrai, on
ne peut pas parce qu’on va toujours s’inspirer de ce qu’ils font. Le rap français propre à lui,
honnêtement, moi je l’aime pas, j’aime ce qui ressemble aux Américains, quand tu fais du
rap français, il faut que je sente un truc. Si t’as ta propre identité française c’est bien, mais
pour moi, le rap français ça n’existe pas, on rappe en français. Après le rap français, il
existe mais pour ceux qui ont voulu le créer, c’est à dire avec des violons, des pianos et
aucun code venu des Américains, c’est à dire, on ne met que des jeans serrés, tu vois, ces
codes vraiment européens. Mais tout dépend de comment toi tu veux interpréter le truc,
quelle image tu veux donner, comment t’aimes cette culture là, si tu l’aimes à fond, tu
prends tout les ingrédients, si t’es pas vraiment dedans, tu vas essayer de faire ta sauce
comme certains rappeurs français ont fait, en disant, nous on s’inspire pas des Etats-Unis
on fait du rap français.

Dans une interview, tu as dit que tu aurais été plus à l’aise, si tu avais rappé avec la vague actuelle de rappeurs…

Bien sûr parce que ça part dans tous les sens, il y a moins de règles, moins de codes.

Tu aurais le même flow qu’il y a 20 ans, 10 ans ?
Si j’étais aussi passionné, ouais. Je défoncerais tout le monde. A l’époque, ce qui a fait que
j’ai eu du succès c’est que j’étais passionné, que je retranscrivais ma passion du rap
américain. Quelque part, comme j’étais en accord avec ça, les gens le savait, et aujourd’hui
c’est tellement démocratisé que tu peux faire ce que tu veux, donc un passionné,
aujourd’hui, qui rap, avec le rap contemporain, si ça avait été moi j’aurais tout tué.

“j’ai essayer de faire des titres un peu plus larges on va dire”

A ce moment là, est-ce-que tu t’es senti frustré dans ton époque, de ne pas pouvoir faire
des choses que tu voulais exploré ?
Oui c’est ça, parce que quelque part, j’ai toujours été en mode, et c’est pour ça que j’ai eu
des problèmes, que l’on ne m’a plus entendu à un moment donné, j’ai disparu on va dire de
2002 jusqu’à 2006, enfin ça a été bizarre, en 2008 je suis revenu un petit peu, ça a été très
chelou, parce que moi, j’ai toujours voulu faire ma musique, tu vois, et la musique que je
faisais pendant ma carrière, entre guillemets, elle était perso. C’est à dire qu’au départ, on
m’a découvert avec le premier album j’ai donné ça, ça a fonctionné, mais moi, j’étais
encore en apprentissage, entre guillemets, encore en train de chercher mon style, ce que j’ai
encore envie d’explorer et de proposer, donc du coup, on va dire, certains de mes albums
ce sont des cobayes, je rentrai dans une expérimentation de prod’, de flow, je sors, on va
voir si ça marche ou pas, des fois ça marche, des fois ça marche pas, et moi ça me permet
de m’épanouir.

Tu cherchais pas vraiment le succès commercial ?
Non, mon premier album c’est celui qui a le plus marché, après c’est descendu, au fur et à
mesure, c’est descendu, mais, moi, mon niveau il a pas baissé, au contraire, j’suis plus fort,
sauf que la forme, le fond, n’intéressent pas les gens. Moi je suis content, je m’épanouis, je
sais rappe de telle manière, j’sais rapper comme-ci, j’sais rapper comme-ça, tu m’donnes
une instru j’vais rapper dessus naninananin. Les formes, j’arrive à aller dans les formes,
mais le fond, c’est ce que les gens veulent, le fond il ne peut aller qu’avec une certaine
forme. Tu peux pas raconter la rue sur un truc dansant ou l’inverse, tu comprends. Donc du
coup, vu que moi c’est pas ce qui m’intéresse, j’aime la forme, je suis rentré plus, dans un
truc d’épanouissement, en perdant des gens, malheureusement.
Aujourd’hui, avec le recul, tu referais la même chose ?
Je te dirais oui et non, parce qu’on eu une discussion super intéressante avec Zoxea il y a
quelques semaines, où il me demandait : « Est-ce-que tu te considères comme un artiste ou
un artisan ? ». Tu vois la question piège un petit peu ?

Mais c’est pas incompatible ?
C’est pas incompatible, mais tu vois, moi j’suis un artiste. C’est à dire que moi, j’suis pas là
à fabriquer quelque chose pour le vendre, j’ai pas cette notion, j’ai la notion de l’argent, du
commerce. Le fait de se dire qu’il y a un public, et ce public je vais lui vendre quelque
chose, et ben, j’ai jamais réussi à être dans ce … Ok, il y a un public mais ce que je vais lui
proposer, j’espère qu’il va adhérer. Et parfois j’ai essayer de faire des titres un peu plus
larges on va dire, et ça fonctionne, mais c’est pas ce que j’ai envie de faire.

T’avais l’impression de te sentir obligé de rentrer dans le moule ?

Ouais, et comme j’ai pas appris le rap comme ça et que c’est pas ce qui me fait vraiment
kiffer, ça m’embête de faire comme tout le monde. Donc je préfère être en galère mais
quand on me voit, on sait que je suis un vrai. Même si ça rempli pas le frigo, mais au
moins je reste avec mes convictions, je reste intègre à ce que j’ai choisi, à la musique que
je fais et quand j’ai envie de faire des écarts je les fait mais on sait que je les fais pour de
bonnes raisons, tu vois.

Et par rapport à ton album, tu as réédité ton album au lieu d’en proposer un…
Il arrive, il arrive ! Il y a deux projets qui arrivent là.

 

C’était pourquoi ? Pour prendre un peu la température ?
Il y a pleins de raison différentes, la première c’est que je ne l’avais jamais fait, je n’avais
jamais fait de compil ou de réédition de quoi que ce soit de mes projets donc là comme ça
faisait 20 ans c’était parfait. Ensuite, comme j’ai beaucoup travaillé fin 2016, 2017, j’ai
enregistré beaucoup de morceaux, donc je me suis dit, avec cette réédition là, les gens vont
pouvoir me revoir, j’suis en tournée avec NTM, donc on va me revoir, je vais pouvoir
sortir des nouveaux projets. Et dans la réédition, j’ai mis deux inédits, pour que les gens
puissent voir à peu près comment je me situe. Et donc cet été, mois de juin, je vais sortir
un EP, que en digital, et pour cet automne un album, 16 titres, normalement. Je vais
essayer d’occuper toute l’année.

“j’ai choisi ma maison de disque, j’ai choisi Warner”

On a vu que tu faisais beaucoup en vinyle, pourquoi ce choix ?
Pour les fans tout simplement, parce que c’est le support numéro 1 du hip-hop à la base le
vinyle.

A la base, mais aujourd’hui…
Il y en a beaucoup qui achètent. Je vais te raconter une anecdote du chef du rayon vinyle
de la Fnac : un jour, un coffret de Otis Redding qui sort en vinyle. Le mec l’achète et une
fois rentrer chez lui et qu’il l’écoute, il voit que toutes les chansons du disques sont rayées.
Il le ramène au magasin et il en prend un autre. Quand il le réécoute il voit que tous les
morceaux sont rayés. Troisième fois, il ramène chez lui, il est encore rayé. Il le re-ramène
et le vendeur lui dit ça : « Vous êtes la première personne à me le ramener alors que le
disque partent comme des petits pains », il lui demande comment ça se fait, et le vendeur
répond que c’est parce que les gens achète le disque pour l’objet, pas pour l’écouter.
Donc à partir de là tu sais que les vinyles ça se vend.

Mais il y a une logique économique derrière ?
Non puisque c’est du fond de catalogue, avec le streaming aussi ils en vendent quelques
uns. Mais aucune pression économique, puisque ce sont des morceaux qui existent déjà et
les deux inédits je les offre. Moi par contre, je vais investir pour des clips, les clips des
inédits je vais les faire, donc c’est par Warner, c’est moi. Cette année ça va être une très
bonne année, si Dieu veut.

Dans ton album, est ce qu’il y a un morceau, que tu préfères plus que les autres ?
Oui bien sûr, j’aime beaucoup Majeur, c’est un morceau qui n’a pas de refrain, c’est un titre
entre réalité et fiction, dedans j’explique que ça y est j’ai 18 ans, et c’est la vie d’un jeune de
18 ans, d’un adolescent qui a attendu d’avoir 18 ans, d’être majeur pour pouvoir sortir,
croire qu’il est adulte et pouvoir faire des choses de grands qu’il a toujours attendu. Voilà,
c’est mon morceau préféré parce que dedans j’exprime pas mal de frustrations que j’ai eu
quand j’étais adolescent et aussi un peu de fiction par rapport à ce que j’ai vu chez des amis
à moi et je l’ai mis dans la chanson en disant que c’est moi qui le vivais mais c’était surtout
de la retranscription.

Et le morceau Pourquoi, qu’est-ce-qu’il représente pour toi, parce qu’il est lié à une histoire un peu particulière ?
C’est une tranche de vie le morceau Pourquoi, c’est à dire que je l’ai écrit parce que j’avais
besoin d’extérioriser un mal-être. A ce moment là il s’était passé pas mal de chose dans ma
vie, tu vois, c’est à dire du succès, de la jalousie, de l’hypocrisie et puis de la violence, ce
que je raconte dans cette chanson. C’est à dire que voilà, le 20 mars 97, comme je dis dans
cette chanson j’étais avec mon équipe, je rencontre un autre groupe de rap, à l’époque
Express D, et donc ça s’est mal passé, on s’est battu, mais on s’est même pas pour quelle
raison ils sont venus nous voir.

Est-ce-que c’était pas par rapport au freestyle que tu avais fait ?
En fait, il ne nous l’ont pas dit, je n’ai pas su tout de suite que c’était ça, après j’ai su que
c’était à cause de la phrase que j’avais dite su un morceau. Mais c’était drôle parce qu’à
cette époque là, quand j’avais fait ce truc là, il y en a qui se sont manifestés en rappant,
d’autres dans la rue que j’ai croisé « ouais c’est pas bien ce que t’as dit, et eux ils se sont
manifestés par la violence, mais ils me l’ont pas dit, c’est après que j’ai su que c’était à
cause de ça. Et donc l’équipe avec qui j’étais à ce moment là ils sont partis, ils m’ont
abandonné, je me suis retrouvé seul avec Express D, bon ils ont joué au football avec moi
et donc j’ai voulu écrire ça dans cette chanson, parce que tu peux avoir des amis et qu’ils
traînent avec toi mais pour l’appât du gain, parce que quelque part je représentais un petit
peu la poule aux œufs d’or et le jour où il y a eu vraiment une situation critique où il fallait
mettre de l’humain dedans, bah il y avait personne.

“j’suis un rappeur du 93”

C’est une belle leçon de vie ça
Ah grave, c’est une des meilleures, tu sais pourquoi ? Parce que le lendemain de cette
histoire là, je rencontre Kool Shen de NTM. Parce que le lendemain je vais chez Sony
parce que j’étais en édition chez Sony, j’y vais pour dire que je veux plus travailler avec les
mecs avec lesquels je suis, « regardez ma tête », parce que j’étais boursouflé, ils me disent
« ah ouais je comprends on va s’en occuper ». Quand je sors du bureau je tombe sur Kool
Shen, qui allait chez Epic, il me dit « ouais t’es Busta Flex, j’ai entendu parler de toi, est ce
que t’aurais un moment qu’on puisse discuter ? », j’fais « ouais, mortel »On est monté dans
les bureaux.

Tu ne l’avais jamais rencontré avant ? Parce qu’il y a une version qui circule sur internet, comme quoi vous vous êtes rencontrés lors d’un concert ?
Non, non jamais.Donc on est dans les bureaux et il me dit, « ouais j’ai entendu qu’il y a des maisons de
disques qui veulent te signer », parce que à l’époque j’étais en indé’, et il me dit « choisi ta
maison de disque, parce que moi je voudrais réaliser ton premier album ». Donc j’ai choisi
ma maison de disque, j’ai choisi Warner, parce qu’il n’y avait pas de rappeur là bas à
l’époque ; Et après voilà l’affaire à rouler. Mais voilà c’est à peu près tout ce qui tourne
autour du morceau pourquoi.

Donc c’est à partir de ce moment là qu’il a géré, entre guillemets, parce qu’il a été très
important dans ta carrière ?
C’est à partir de ce moment là ouais que tout a commencé, qu’on est rentré en contact et
qu’on devenus proches, parce que ce n’était pas que du business.

Et aujourd’hui, quelles sont vos relations, au delà de l’artistique ?
Elles sont très fortes, elles sont très très forte, voilà on est des amis, voilà on parle de tout,
si j’ai un truc qui me pèse je peux lui en parler, il peut me conseiller. Donc ouais c’est un
très très grand frère.

En plus je suppose qu’à cette époque là, pour toi NTM, ça représentait, comme pour tous
les jeunes de cette génération, l’un des plus grands groupe ?
Ah mais moi je n’y croyais pas, j’ai mis du temps à réaliser. Même quand j’étais chez lui et
qu’on travaillait pour moi j’étais quand même en train de le regarder, putain c’est quand
même……. genre moi j’suis là?! Donc quelque part ce rêve il a toujours était présent, ouais
j’ai toujours kiffé.Et même pour te dire, en 95 ils avaient fait leur concert au Zénith “Paris sous les bombe” j’ai été les voir, j’ai réussi à aller derrière et donc je leur ai dit « oui, j’suis un rappeur du 93
comme vous, j’arrive » et y’a Joey Star qui m’a regardé de haut en bas et qui m’a dit « Bah
vas-y, arrive ». Et moi j’ai eu un peu la honte mais je me suis pas dégonflé, mais ça m’a
donné un truc de me dire, ok je vais bosser, et c’est un truc que je veux souligner, le travail
ça paie. On peut être déçu, j’te jure, c’est normal, c’est la vie, mais travailler et la patience
c’est un équilibre.

Je voulais revenir à ton album, par rapport à ta carrière, tu en as vendu plus de 400 000, est-ce que ça t’est monté à la tête ?
Non, non, c’est les sous qui montent à la tête, c’est pas le succès.


Mais ça va avec ?
Non, parce que le succès quelque part quand tu calcule pas, tu calcules pas, je te jure. Tu
fais ce que t’as as faire, tu fais ta promo, tes concerts, tu vois les gens qui réagissent t’es
contents, mais c’est pas une fin en sois, c’est pas ça qui dois jouer sur ton comportement.
C’est l’argent, moi c’est gagner de l’argent qui fais que après, sur certains trucs, t’as pas de
recul. Donc tu penses que c’est plus facile de faire des choses. Moi j’ai eu une petite
période où j’ai un peu pété les plombs, pas longtemps, peut-être 2-3 mois. Mais c’est
important de passer par là, parce que au moins comme ça tu sais, tu connais.

Qu’est ce qui t’as ramené à la raison ?
Pour te dire la vérité, ce qui m’a ramené à la raison, c’est des anciennes connaissances. J’ai
découvert un autre mode de vie, et c’est ça que j’ai kiffé. Parce que eux, ils sont partis du
quartier, ils ont fait autre chose, je te parle de ça c’était en 2000, j’avais la vingtaine, et
donc ils sont partis du quartier faire des trucs, et quand ils sont revenus, ils n’habitaient
plus là, ils habitaient dans une autre ville, mais je sais pas, ils avaient une autre mentalité.
Et leur manière de voir la vie, comment ils parlaient, j’ai kiffé. Donc on a traîné ensemble
et j’ai appris beaucoup grâce à eux et ça m’a fait bien remettre les pieds sur terre, sans
violence sans rien, juste en étant avec eux, en les accompagnant, en voyant les gens qu’ils
fréquentaient, leur manière d’être. Et ils faisaient pas dans le rap, ils étaient dans d’autres
trucs. Et j’ai aimé ça, parce que pour des jeunes, ils étaient vachement matures. Donc ça
m’a appris beaucoup beaucoup, parce que j’avais pas, autour de moi, d’équivalent,
quelqu’un a qui je peux parler, qui a vécu les mêmes trucs que moi. Eux ils avaient vécu le
même truc que moi mais dans un autre délire. […] Kool Shen et eux, ça m’a recadré sur
pleins de choses que j’ai pas pu connaître quand j’étais ado.

Mais tu avais des frères ?
Ouais, j’avais un grand frère et une grande sœur. Mon grand frère ça a été mon manager,
on a même rappé ensemble, mais le truc c’est que pendant mon adolescence il me
calculait pas, il faisait sa vie, il est grand, il a 7 ans de plus, donc voilà il était pas à
s’occuper de moi, moi j’étais tout seul avec mes copains.

Est-ce-que tu estimes que tu dois ta carrière à Kool Shen en grande partie ?

Je lui dois une rigueur, un professionnalisme, ah ouais je luis dois beaucoup de ça, on va
dire, je lui dois une grande partie de mon professionnalisme. Parce que je suis une
machine, et il m’a fait être encore plus machine, et j’aime ça, et je suis vraiment
reconnaissant.

 

Tu te vois où dans 3 ans ?
Encore à Paris en tous cas, et professionnellement, sur les routes enfin toujours actif. J’ai
que 40, je viens de les avoir donc je pense que je vais pousser encore un peu. Quand tu
vois que NTM à 52, 50 ans, y’a pas de raison de ce se dire « ouais faut que j’arrête, j’suis
trop vieux», c’est des conneries tout ça.

 

L’artiste avec lequel tu aimerais faire un feat ?

Un Français et un Américain
Ce serait pour le kiffe, donc ça va surprendre sûrement, Américain, je dirais Desiigner. Et
en français, je dirais Booba. On a jamais rappé ensemble, c’est un rappeur que j’apprécie,
donc pour jouer le jeu de l’interview, je dirais Booba. Je peux en citer d’autre, Lino, puisque
Lino et moi on a jamais rappé ensemble non plus. Je pense que c’est des trucs qui se feront
peut-être. Si ça ne se fait pas, et bien j’te jure que ça met quand même un charme à cette
histoire, parce que quand tu regardes, y’a des rappeurs kainry qu’aurais jamais rappé
ensemble, et tu te dis « comment ça se fait ? », tu vois je sais pas un Method Man et un 50
Cent, tu comprends ? Donc quelque part ça fait un peu un charme, un truc qu’il n’y aura
jamais, et même temps tu kiffes les deux et tu te dis bon. Donc si ça se fait je serais
content, si ça ne se fait, je ne serais pas déçu.

Ton meilleur et ton pire morceaux ?
On va commencer par le pire je crois, mon pire je crois que c’est What can I do, dans mon
premier album, ouais j’aime pas ce morceau. Et mon meilleur, c’est perso, j’en ai
plusieurs, mais on va dire Flex Fonk, c’est un titre qu’il y a dans mon 4ème album qui
s’appelle la Pièce maîtresse.Je l’aime beaucoup parce qu’il est très très hip-hop, vraiment
c’est un morceau d’album, mais d’album en dessous, underground, c’est pas un truc à
exploiter. Et je le kiffe parce que, ce que je dis c’est moi, le flow, j’me suis cassé la tête
pour faire ce flow là, la prod’, c’est moi qui l’ai faite et c’est une prod’ de fou, enfin, je
suis fière parce que c’est un vrai morceaux hip-hop mais qui représente ce que j’aime
vraiment dans le hip-hop. Voilà je suis fière de celui là.

Ta meilleure scène et la pire ?
Ma meilleure scène ? C’était la dernière, Bercy, trop de puissance, parce que tout était
parfait. Et la pire ? Je sais même pas en fait. Le pire concert que j’ai fait ?

C’était pas le 20 mars 97 ?
Non, parce que je ne l’ai même pas fait *rire*. Le pire ? Bon allé, je vais dire, c’était il y a
longtemps, il y a très longtemps, on avait fait une scène à Nice, ou à Cannes…je crois que
c’était à Nice, et il y avait la Fonky (Family) et y’avait plein de gens, ça date c’était en 96,
97, et au moment où je viens pour rapper, il y a eu une émeute dans la salle, bagarre, pas
de concert, tout le monde s’est battu. Voilà, c’est ça le pire que j’ai fait. Et y’avait Joey
Star, donc ça il pourra vous dire.

Ton meilleur voyage ?
C’était quand j’ai été à Tahiti, comme c’est très loin et que c’est très beau, j’estime que
c’est mon plus beau voyage.

Ton meilleur showcase ?
Ça a été au Québec, en 2000-2001, ça a été mon meilleur showcase, parce que là j’ai eu un
impact avec le public, c’est à dire que eux ils sont dans une vibe différente de nous, ils
interprètent le hip-hop d’une autre manière. Je rappais mes morceaux et des phases que toi
t’as faites, ils réagissaient dessus, eux, toi tu sais que c’est une phase et eux ils
réagissaient. C’est à dire que toi tu rappes, eux ils ont capté la phase et ils crient, tu vois
ce que je veux dire ? Ou ils faisaient les back avec moi, les refrains, ils m’ont accompagné
tout le show et c’est tellement rare, parce que en général c’est les refrains ou certains trucs.
J’ai pété un câble, et ça toute ma vie, le Québec, ils m’ont tué, j’ai jamais vu ça, jamais vu
ça.

Et si tu devais nous donner l’adresse d’un restaurant, ce serait laquelle ?
Ce serait le Troubadour, c’est à métro Saint-Marcel, dans le 13ème.

Et la cuisine c’est quoi ?
Antillaise-haïtienne, et ça tu. Ils font un poulet boucané dangereux, des haricots rouges
dangereux, tout est dangereux, voilà. Et leurs cocktails sont très bons et c’est pas cher.
Donc voilà, c’est ma cachette, je le dis parce que voilà on est dans une bonne vibe, mais
même quand je poste sur Instagram je mets pas.

Et tu vas encore en boîte à 40 ans ?
Non, je n’y allais même plus déjà à 30 ans, je suis casanier.

Donc tu ne peux pas nous donner de nom de boîte ou chicha où aller ?
Malheureusement non. Après j’ai vu, dans votre magazine, une chicha dans ma ville à
Epinay-sur-Seine, le Guess ca a l’air pas mal.

Et pendant ces quelques années, on te voyait pas mais tu dis que tu faisais beaucoup de
choses derrière, t’étais dans la réalisation, la production ?
Exactement, le plus gros artistes que j’ai lancé, je me suis mis en retrait d’ailleurs pour lui,
c’était Hornet La Frappe. Ouais, il est de chez moi, c’est un petit d’Epinay-sur-Seine, de
mon quartier. Et donc moi j’ai travaillé avec lui pendant 3-4 ans, je l’ai formé, j’ai sorti un
EP, je lui ai fait des clips, enfin, j’ai tout fait pour qu’il sois connu du game. Maintenant il
vole de ses propres ailes, il a signé chez Warner.

Tu n’aurais pas voulu continuer avec lui ?
On ne s’est plus entendu, au bout d’un moment, ce qui a fait que. Il le dit dans ses
interviews qu’on s’est séparé, mais d’un commun accord, il n’y a pas de guerre.

Mais c’est grâce à toi alors ?
Bien sûr, et il le dit aussi. Après je ne le crie pas sur les toits, mais si tu me le demande je
te le dis, c’est moi qui l’ai mis au devant de la scène

Et justement, quel conseil tu donnerais aujourd’hui à un jeune artiste qui démarre, qui
commence un peu à se faire connaître, pour durer le plus longtemps ?
Aimer la musique.Parce que quelque part, si un jour tu sens que le rap, tu ne l’aimes plus, tu peux aimer autre chose dans la musique, mais t’aimes la musique, donc tu peux être artiste, puis un jour tu
vois qu’en fin de compte, ta passion c’est mixer, c’est d’être derrière la console, c’est de
faire des clips. Donc, aimer la musique et être patient, il n’y a que ça. Si tu fais des choses
avec des objectifs ou des deadlines, tu seras souvent déçu, j’en ai fait les frais. L’expérience prouve que, il faut être patient.

PAR DJINDA ET HAMAD POUR MS MAG  MARS 2018

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